Aliments bruts ou tout prêts : la petite enquête de l'assiette

Publié le 18 octobre 2026 à 07:00

Je n'ai pas appris à cuisiner avec ma mère, mais avec ma grand-mère. Chez elle, on apprenait à cuisiner ce qui venait du jardin ou de la ferme d'à côté. Dans sa cuisine, il y avait un plan de travail toujours fariné, qui se repliait comme un tiroir. C'est là que ma passion a commencé. Je me demande parfois si elle serait née dans une cuisine plus moderne, où tout arrive déjà prêt.

Aujourd'hui, je vous propose de regarder votre assiette avec ses yeux. Pas de leçon : une petite enquête.

Le principe est simple. Posez-vous une seule question pour chaque aliment : ma grand-mère aurait-elle pu le préparer dans sa cuisine, avec ces ingrédients-là ? Ou votre arrière-grand-mère, selon votre âge : beaucoup de nos grands-parents ont déjà connu l'arrivée des produits tout prêts.

Trois familles

Pour classer ce que vous mangez, je m'appuie sur une classification utilisée par les chercheurs, appelée NOVA. Je l'ai simplifiée en trois familles :

  • Brut : ce qui sort du jardin, de la ferme ou de la mer, à peine transformé. Légumes, fruits, œufs, lait, viande, poisson, riz, légumineuses, flocons d'avoine.
  • Cuisiné simplement : ce qu'on prépare avec des ingrédients de cuisine. Votre soupe, votre quiche, le pain du boulanger, le fromage, une conserve de tomates.
  • Tout prêt : des produits fabriqués avec des ingrédients qu'on n'a pas dans une cuisine, comme le sirop de glucose, les arômes, les émulsifiants ou l'amidon modifié. Les biscuits, les céréales du petit-déjeuner, les plats préparés, le pain de mie, la plupart des sodas.

En cas de doute, retournez le paquet. Si vous ne reconnaissez pas un ingrédient comme quelque chose que vous pourriez acheter et utiliser chez vous, rangez le produit dans « tout prêt ».

Un seul repas suffit

Pas besoin de noter toute votre journée. Prenez un seul repas : celui d'aujourd'hui, ou celui d'hier soir. Faites une capture de la grille, ou tracez trois colonnes sur un papier, et rangez chaque aliment dans la sienne. Puis regardez simplement quelle colonne est la plus remplie.

Si le jeu vous plaît, refaites-le un autre jour, sur un autre repas.

Pourquoi regarder ?

Dans une grande étude française, les produits tout prêts représentaient plus d'un tiers des calories des participants.

Ce n'est pas qu'une question d'ingrédients. En 2019, une étude a suivi vingt volontaires pendant quatre semaines dans un centre de recherche. C'est une petite étude, mais très rigoureuse. Pendant deux semaines, ils ont mangé des repas tout prêts, puis pendant deux semaines des repas bruts ou cuisinés simplement. Les menus proposés étaient comparables en sucre, en gras et en fibres, et chacun pouvait manger autant qu'il voulait. Avec les repas tout prêts, ils ont spontanément mangé environ 500 calories de plus par jour, et pris du poids. Ces produits se mangent plus vite, et on en reprend sans s'en rendre compte.

Pas de note

Il ne s'agit pas de tout faire maison. Un plat tout prêt un soir de fatigue, c'est très bien ainsi. Nos grands-parents faisaient avec ce qu'ils avaient. Nous, nous avons le choix, et c'est une chance.

Le but n'est pas de juger votre assiette. C'est de la voir.

Une seule question à vous poser

Quel produit tout prêt pourrais-je remplacer, cette semaine, par la version de mes grands-parents ?

Un seul. Pas plus.


Sources


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