Cinq minutes ? Quinze ? Trente ?
Combien de temps dure votre déjeuner ? La plupart d'entre nous n'en ont aucune idée. On mange entre deux réunions, debout dans la cuisine, en surveillant les enfants ou en répondant à un message. Le repas est fini avant qu'on ait vraiment commencé.
Le principe
Sur trois repas de la semaine, lancez le chronomètre de votre téléphone à la première bouchée. Arrêtez-le à la dernière. Puis notez une seule chose : vous sentiez-vous rassasié(e) à la fin ? Oui, à moitié, ou pas du tout ?
Ne changez rien. Observez, simplement.
Le but n'est pas de manger lentement cette semaine. C'est de savoir à quelle vitesse vous mangez vraiment.
Pourquoi le temps compte
Quand on mange, l'intestin envoie au cerveau des messages pour dire « c'est bon, j'ai assez mangé ». Ces messages passent par des hormones de satiété. Mais ils mettent du temps à monter.
Dans une étude, des volontaires ont mangé la même quantité de glace, soit en quelques minutes, soit en 30 minutes. Quand ils prenaient leur temps, leurs hormones de satiété montaient davantage, et ils se sentaient plus rassasiés. Une synthèse d'une vingtaine d'études va dans le même sens : en mangeant plus lentement, on mange en général un peu moins, sans avoir plus faim.
Quand on mange vite, le repas est souvent fini avant que le corps ait eu le temps de dire « assez ».
Ce que ça change, au-delà de la quantité
La digestion commence dans la bouche. En mâchant, on réduit les aliments en petits morceaux, et la salive commence déjà à digérer l'amidon du pain ou des pâtes. Un repas avalé trop vite, c'est plus de travail pour l'estomac et l'intestin. On avale aussi plus d'air. C'est pour cela que la vitesse du repas fait partie des choses à regarder quand le ventre gonfle.
Chez nous
Chez nous, ça n'a pas toujours été le cas. Aujourd'hui, au moins un repas par jour est devenu une institution : le midi. Loin de la télé, dehors le plus souvent possible quand le temps le permet. On discute, on prend le temps.
Avec nos rythmes de vie et de travail, ce sont souvent les seuls moments d'échange vraiment longs de la journée. Et depuis, la digestion est plus facile, et le repas est redevenu un moment partagé.
Pour ralentir, sans y penser
Si vous avez envie d'essayer, la semaine suivante, quelques gestes suffisent :
- posez la fourchette entre deux bouchées ;
- mâchez davantage, sans compter ;
- asseyez-vous, loin des écrans si vous le pouvez ;
- choisissez un seul repas par jour pour prendre votre temps. Il peut devenir le vôtre.
Une seule question à vous poser
À quel moment de mon repas est-ce que je sens que j'ai assez mangé ?
Sources
- Kokkinos A. et al., « Eating slowly increases the postprandial response of the anorexigenic gut hormones, peptide YY and glucagon-like peptide-1 », Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 2010 : https://doi.org/10.1210/jc.2009-1018
- Robinson E. et al., « A systematic review and meta-analysis examining the effect of eating rate on energy intake and hunger », American Journal of Clinical Nutrition, 2014 : https://doi.org/10.3945/ajcn.113.081745
Ajouter un commentaire
Commentaires